20.05.2007
Terminé ! les parachutes dorés
Que ressentez-vous quand vous apprenez que votre adversaire, celui à qui vous mettriez volontier une claque derrière les oreilles pour vous soulager, vient de faire ce que précisément vous aviez prévu de faire ? De la colère bien sûr, de l'agacement, de l'énervement, de l'ahurissement, du dégoût... de la haine quoi !
Et pourtant... Heureuse nouvelle que cette décision présidentielle d'en finir avec les golden parachutes. Encore une décision qui aurait dû être l'apanage de la gauche. Triste sort que celui d'un camp qui se fait doubler par ses adversaires. Et oui, le président de la République est le président de tous les Français(es). ça fera mal au derrière à pas mal de monde mais c'est ainsi. Sous De Gaulle, nous aurons eu la sécu et la retraite ; sous Giscard, le droit de vote dès 18 ans et le droit à l'avortement ; sous Chirac, le droit opposable au logement ; sous Sarko, nous avons la fin des parachutes dorés.
Mais attention à l'arbre qui cache la forêt ! L'effet d'annonce et le coup d'éclat ne doivent tromper personne. Rester viligeant, voilà ce qu'indique le questionnement de Montebourg dans Libération :
«Bon sens». Montebourg touche cependant un point sensible : on ne sait pas quelle forme de rémunération sera concernée. L'indemnité de départ proprement dite ? Ou doit-on y ajouter les clauses de non-concurrence et les sommes provisionnées pour la retraite des patrons ? Les 38,5 millions d'euros touchés en 2005 par Daniel Bernard, l'ex-PDG de Carrefour, et qui avaient fait scandale, additionnaient ces trois avantages. Autre inconnue, tous les patrons seront-ils concernés, ou seulement les PDG de sociétés cotées ? Et le texte s'adressera-t-il aussi aux directeurs généraux et aux cadres dirigeants des grands groupes ? A EADS, par exemple, c'est le montant que pourrait toucher Jean-Paul Gut, le directeur général délégué, sur le départ, qui fait actuellement scandale. Le chiffre de 12 millions d'euros a circulé, tout en étant démenti par la direction. Enfin, le texte sera-t-il rétroactif ? La plupart des PDG en exercice bénéficient déjà dans leur contrat de clauses prévoyant deux à trois ans de salaire en cas de départ.
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