29.05.2007
Montebourg et le Mont Beuvray
Avant les résultats des législatives 97, Montebourg et son suppléant Jean-Luc Vernay sont en voitures. Le moment est à l'inquiétude : en cas de défaite de son champion, JLV a beaucoup à perdre. En effet, il est maire de Mervans, élu depuis peu. Il sait qu'on lui fera payer son engagement auprès de Montebourg si celui-ci perd. "Pourquoi vous avez fait ça, on vous aimait bien", a-t-il entendu pendant la campagne par un de ses maires de droite par ailleurs suppléant du candidat-adversaire, lui-même président du conseil général de Saône-et-Loire. Sueur froide ! A l'époque, il ne faut pas s'écarter du "droit chemin" en bresse, territoire verrouillé par celui qu'on surnomme "le seigneur".
Inquiétude donc, qui lui donne une idée, histoire de ne pas se laisser abattre : "Si on gagne, on fait Mervans-Louhans à pied !" "Tope-là !" lui répond Montebourg du tac-au-tac. Ainsi naquit la traditionnelle marche républicaine qu'ils firent avec une bande de joyeux militants dès cette année 97.
Quelques années plus tard, cette marche annuelle deviendra celle du Mont Beuvray, à la Pentecôte. Clin d'oeil historique à l'escapade mitterrandienne sur la Roche de Solutré.
Beaucoup d'autres anecdotes dans Le mousquetaire de la Bresse. www.montebourglemousquetaire.tk
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26.05.2007
Les raisons d'une défaite
Quand la gauche ouvrira les yeux, elle fera sienne cette philosophie et cette conception du pouvoir dont PAUL ALLIES rappelait les enjeux il y a quelques jours :
LA GAUCHE ET LE TRIOMPHE DU BONAPARTISME
"Cette élection présidentielle pourrait bien être le triomphe absolu du
bonapartisme, cette culture politique dont la France ne parvient
décidément pas à se défaire. Nicolas Sarkozy en est l´artisan et
l´incarnation à lui seul. Il résume jusqu´à la caricature la
modernisation de cette « société du 10 décembre » qui fit le succès, en
1848 de Napoléon-le-petit : « Les grands mots et les grandes poses ne
servaient qu´à masquer les canailleries les plus mesquines de roués, de
ruinés, d´aventuriers, de filous, d´écrivassiers » disait Marx. Déjà à
l´époque, elle ajoutait de la violence symbolique et privée au monopole
étatique de la force. Et le désir d´ordre et d´autorité conduisait
irrésistiblement vers le culte du chef ceux-là même qui allaient subir
les effets d´un discours violemment inégalitaire.
![]()
Mais la postérité du bonapartisme va bien au-delà des personnes. Elle
s´est forgée dans et par les institutions ; pas tant dans l´élection du
chef de l´Etat au suffrage universel direct que dans la concentration
exceptionnelle de tous les pouvoirs en ses mains. De ce point de vue,
l´histoire de la V° République restera celle d´une accumulation
progressive de puissance d´une seule autorité au prix de la
dévitalisation des moindres contre-pouvoirs. Même celui que les
journalistes avaient construit est en train de produire par connivence
ou servitude volontaire une nouvelle oligarchie. Se refonde ainsi
toujours plus l´espace du pouvoir où le centre reste la cité interdite
à la société civile tandis que sa périphérie est abandonnée à ses
ennemis.
La gauche va-t-elle s´installer dans ce système, en se contentant par
exemple de gérer les collectivités locales ? Elle a grandement
contribué à la légitimation de ce présidentialisme depuis que François
Mitterrand su la convaincre d´en utiliser les ressources à la fois pour
accéder au pouvoir et pour l´exercer sous des formes diverses pendant
dix-neuf ans en le conservant intact. Au terme de ses deux septennats,
c´est lui qui pourtant avertissait que « ces institutions étaient
dangereuses avant moi et le resteraient après moi ». Pourtant la gauche
n´en tira aucune conséquence : c´est elle qui mit en oeuvre en 2000 le
« quinquennat sec » renforçant l´ascendant du Président sur la majorité
parlementaire ; c´est elle qui inversa en 2001 le calendrier électoral
afin de restaurer tous les effets de l´élection présidentielle sur
l´élection législative. Elle a cru et laissé croire que la prise et
l´exercice du pouvoir dépendent d´abord de l´habileté et de la qualité
des dirigeants, toujours nécessairement plus forts que la logique des
institutions. Elle s´est même vantée à l´époque de « restaurer l´esprit
de la V° République » c´est-à-dire ni plus ni moins celui qui a
fonctionné si bien contre elle aujourd´hui. Dans les facteurs nombreux
et variés qui ont joué contre Ségolène Royal il en est un qui a
constamment été exploité, c´est celui de l´inadéquation de son genre,
de son (in)expérience mais aussi du style de présidence annoncée avec
la nature de la présidence réelle. Il lui reviendra le mérite d´avoir
pour la première fois dans ce genre d´élection, ouvert la perspective
d´une nouvelle République où la Présidente ne pourrait pas tout. Elle
en a même exploré les contours avec François Bayrou entre les deux
tours. Or faut-il rappeler que le Parti socialiste jusqu´à son dernier
congrès en décembre 2005 en avait catégoriquement exclu la moindre
hypothèse ?
![]()
La leçon de ce scrutin est donc claire. La gauche ne réussira pas son
aggiornamento si elle continue à faire l´impasse sur la refondation
démocratique de la République, si elle ne rompt pas nettement avec la
logique bonapartiste du régime en place. Elle n´aura pas de crédibilité
parmi les électeurs du « nouveau centre » et au-delà si elle n´ouvre
pas le chantier d´une réorganisation en profondeur du pouvoir. Cette
tâche devient historique tant la France est aujourd´hui le système le
plus exotique, le plus anachronique et archaïque de toute l´Union
Européenne. Abandonner la V° République n´est donc pas qu´une opération
d´ingénierie juridique. C´est retrouver le fil d´une parole et d´une
histoire politique tombée en déshérence. C´est dire combien le
bonapartisme est incompatible avec le meilleur de notre tradition
démocratique. C´est tourner la page d´un régime marqué du sceau de
l´empire colonial et de l´indifférence à la construction d´une Europe
politique. C´est annoncer le mariage du parlementarisme majoritaire
avec l´initiative citoyenne et la démocratie participative en accord
avec la décentralisation générale de la société. Abandonner la V°
République c´est rendre justice à Pierre Mendès France qui disait :
« Je mets au défi quelque homme politique que ce soit d´entreprendre
demain une authentique démocratisation de l´enseignement, de modifier
la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées,
d´assurer le contrôle par la puissance publique des positions
dominantes de l´économie, d´assurer le respect des libertés
fondamentales et des droits de l´Homme, (...) si les problèmes
institutionnels n´ont pas d´abord reçu une solution correcte, si l´on
n´a pas fait le choix des leviers qu´il conviendra d´employer ». Ces
propos d´il y a quarante ans doivent être, pour ces prochaines années,
le viatique de la gauche sur le chemin de sa modernisation."
Paul Alliès, membre fondateur de la C6R, professeur de science
politique à l´Université de Montpellier. Dernier ouvrage : Le grand
renoncement. La gauche et les institutions de la V° République.
Au boulot !
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24.05.2007
Laurent Joffrin
"(...) La gauche française a la religion des moyens, des instruments, notamment de l'Etat. Quand on est pour l'Etat, on est de gauche ; quand on est contre l'Etat, on est de droite. C'est une vision dépassée. Ce qui compte, c'est l'objectif. Progresse-t-on plus ou moins vite vers la justice sociale ? Voilà la question ! Qu'on le fasse par des moyens privés ou des moyens publics est secondaire.(...)" Laurent Joffrin
Imaginez un parti socialiste qui se dirait honnoré que le président de la République ait choisi un homme de gauche pour occuper le ministère des affaires étrangères plutôt que de lui retirer sa carte d'adhérent - Hollande ne fut pas si prompt à sanctionner Dumas et Frêche ;
imaginez un parti socialiste qui saluerait l'initiative du MoDem plutôt que de - déjà - "taper dessus" ;
imaginez un parti socialiste qui travaillerait dès à présent à sa rénovation plutôt que de perdre son énergie - ses énergies - à dénoncer les débats des candidat(e)s républicain(e)s avec celles et ceux du FN ;
imaginez un parti socialiste dont le premier secrétaire, après 10 ans de pouvoir, se retirerait pour faire naître une nouvelle ère porteuse de rêves et d'espoirs plutôt que de s'accrocher à son poste pour mener une bataille perdue en partie par sa faute - je veux parler des législatives bien sûr ;
imaginez un parti socialiste qui entendrait ses trentenaires et ses quadras plutôt que de les faire taire ;
imaginez un parti socialiste qui aurait Ségolène Royal en tête de pont pour cette nouvelle bataille électorale ;
imaginez un parti socialiste qui s'appuierait sur les "lumières" d'aujourd'hui pour préparer un projet juste, ambitieux, généreux et équilibré ;
imaginez un parti socialiste au sein duquel on ne se moquerait plus des idées audacieuses...
à ce parti je pourrais dire "je t'aime !"
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22.05.2007
ça chauffe en Bresse !
Danjean-Montebourg réunis au stade de Louhans pour assister à un match de football de l'équipe locale contre Nîmes... quel tableau !
Oui, ils se sont serrés la main. Non, ils ne se sont pas parlés. Danjean a eu peur pour son équipe préférée : "Il va nous porter la poisse, lui que je ne vois jamais au stade !" Et oui, Louhans-Cuiseaux s'est incliné 2 buts à 3. Et oui, Montebourg n'aime pas le foot. Et alors...?
Le mousquetaire aura-t-il raison de son jeune adversaire ? Réponse très bientôt. En attendant, lisez Le mousquetaire de la Bresse".
www.montebourglemousquetaire.tk
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20.05.2007
Terminé ! les parachutes dorés
11:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2007
La Femme Fatale BIS
Etant donnée l'affluence de ces derniers jours suite à la publication des extraits des mésaventures de Ségolène et François - près de 4 000 visiteurs en deux jours -, je me devais de revenir sur ce bouquin qui a de bonnes chances de faire partie des meilleures ventes de l'année. Faut-il le déplorer ou féliciter les deux auteures ? Les avis sont partagés.
Il reste que l'intrusion du journalisme dans l'intimité des personnalités politiques (ou autres) est, me semble-t-il, à condamner. Mais voilà... on ne peut pas nier les conséquences politiques lourdes des déboires conjugaux du couple en question et ne pas s'interroger sur le comportement franchement douteux de Julien Dray s'en allant rapporter des querelles de concubins aux journalistes.
Maintenant, je renverse le problème : ce bouquin n'est finalement qu'une conséquence d'une stratégie politique désastreuse du premier secrétaire du PS. Hollande a commis deux erreurs graves. La première en jouant la carte de la synthèse au dernier congrès du PS contre celle de la rénovation, et cela uniquement dans la perspective de la présidentilelle. Ce fut l'union à tout prix, au prix des idées aussi. La seconde fut de ne pas démissionner suite à la désignation de Ségolène comme candidate du PS. En voulant défendre l'orthodoxie socialiste envers et contre tout, il fit le lit du 6 mai 2007 et de ses conséquences. Il faut savoir partir quand il est encore temps.
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16.05.2007
La Femme Fatale
Ségolène, François et les autres..
Où en sont les relations entre la candidate socialiste et son compagnon, le premier secrétaire du parti ? Dans un livre à paraître chez Albin Michel le 11 mai, les journalistes Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin dévoilent les secrets politiques et intimes de la campagne. Bonnes feuilles
Depuis la fin de l'automne 2005, elle appelle leurs amis les uns après les autres. « Tu as vu les sondages ? Ceux de François ... Les miens... » [...] Si Ségolène les soumet à cette petite analyse comparative des cotes de popularité respectives de son couple, c'est qu'elle veut qu'ils choisissent. Entre elle. Et lui. Entre le copain qui les fait rire et les enthousiasme depuis si longtemps. Et celle que tous ont connue silencieuse et discrète et qu'ils observent prendre maintenant son envol.
Eux seuls savent qu'elle ne réclame pas seulement un choix politique. Au sein du Parti socialiste, personne n'a compris la tempête qui secoue le couple. L'orage couvait, il a éclaté juste après le congrès du Parti socialiste qui s'est tenu au Mans, en novembre 2005. C'est un congrès difficile et François Hollande y est arrivé comme un convalescent. Le PS est déchiré depuis le référendum sur la Constitution européenne du 29 mai, et son chef, qui défendait ardemment le oui, est franchement ébranlé. Au Mans, il a donc dû déployer tout son art du compromis pour se maintenir à la tête du parti, composer une synthèse politique entre les courants socialistes et paralyser ses rivaux, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et le NPS du remuant Arnaud Montebourg. « C'est le moment de François », a répété pendant le congrès Ségolène Royal, espérant qu'après cette ultime synthèse son compagnon songera enfin à rénover son parti et à incarner la nouvelle génération socialiste. ![]()
De retour à Paris, c'est pour remercier les deux hommes qui l'ont aidé à réaliser sa synthèse que Hollande invite à dîner, chez Lipp, Julien Dray, son ami de vingt-cinq ans, et François Rebsamen, le numéro deux du parti. Le téléphone mobile du premier secrétaire vibre ; il y répond en chuchotant et quitte prématurément la table à 22 h 30, sans explication, laissant seulement sa carte Bleue à ses invités, pour qu'ils puissent régler l'addition. Ségolène Royal cherche un peu plus tard à le joindre, sans succès ; elle appelle alors Dray et Rebsamen, croyant toujours François avec eux... Dans un couple, on ne sait jamais pourquoi, un nouveau geste, une absence imprévue ressemblent un jour à une trahison insupportable. Les deux bras droits de François Hollande sont en tout cas les témoins involontaires d'une querelle intime. Et les acteurs implicites, dès ce jour, d'une aventure politique inédite. [...]
Le choix de Dray
Dray est l'ami du couple depuis vingt-cinq ans. L'été, ils ne cessent de se voir, sur la Côte d'Azur où Dray possède une maison à Vallauris, pas très loin de Mougins. Jusquelà, il paraissait clair qu'il se sentait plus proche de François. Ses amis l'ont même entendu lancer à plusieurs reprises, dans une drôle de boutade : « Si Ségolène est candidate, je m'exile en Israël . » Il n'est pourtant pas si éloigné d'elle. Depuis qu'il est devenu l'un des experts de la sécurité de son parti et rêve de devenir ministre de l'Intérieur, il s'affiche comme un adepte du retour à l'ordre et à l'autorité en des termes qu'elle ne renie pas. L'amitié, cependant, demeure, à ses yeux, une affaire d'hommes et, solidarité masculine oblige, il juge bien souvent Ségolène passablement « casse-couilles ». [...] Alors que Dray espérait devenir numéro deux du PS, son ami [ François Hollande ] lui a préféré François Rebsamen, plus solide, mieux organisé. Enfin, alors qu'il insistait pour écarter de la direction du parti le héraut du non Laurent Fabius, Hollande a choisi tout l'inverse et l'a fait revenir dans le jeu. ![]()
« François a un problème psychologique : il ne tranche jamais, répète depuis Julien Dray. Il compose toujours, il ne fait jamais preuve d'autorité . Il ne sait pas tuer. »
En cet automne 2005, Dray n'ignore évidemment rien des tensions du couple. Aux premières loges, il a vite compris que la crise conjugale prend un tour politique. A la mi-décembre, Ségolène l'invite dans son bureau à l'Assemblée nationale et lui explique : « Il faut que tu m'aides . » Soit. Doucement, « Juju » entreprend de préparer François à l'impensable. « Ecoute, pour l'instant , elle est portée , explique-t-il . Ne te mets pas en travers de sa route. Soit cela marche pour elle, et tu ne pourras pas faire autrement que de l'aider . Soit cela se dégonfle , et elle te passera le bâton pour que tu prennes le relais . » [...]
Depuis qu'il s'est retrouvé projeté dans un conflit conjugal qui n'est pas le sien, il [ Julien Dray ] a compris qu'il a gagné un nouveau pouvoir. Conseiller en sentiment autant qu'en stratégie politique, il a d'abord navigué de Ségolène à François pour tenter d'arranger les choses. Maintenant, il va de François à Ségolène dans une stratégie sensiblement inverse. Iago shakespearien du drame qui se joue, il souffle sur les braises comme s'il avait saisi que la trahison privée agirait comme un vigoureux poison sur les ambitions politiques. Il ne cesse plus, désormais, de s'étonner tout haut devant Ségolène des ambiguïtés de son compagnon. « François a du mal à s'effacer ... C'est à croire qu'il veut te faire perdre... » [...]
Hollande s'entête pourtant. Sa propre compagne est plébiscitée par les sondages, applaudie par les militants, rejointe par un nombre croissant de cadres du parti, et lui pense toujours à un candidat dont personne ne veut [ Lionel Jospin ] . Alors Julien Dray, confondant comme à son habitude tous les registres, se charge d'être plus brutal. Hollande veut gêner Ségolène ? Le député, l'ami du couple passé avec armes et bagages dans le camp Royal, s'en va expliquer discrètement aux journalistes, avec des airs de conspirateur et un ton de conseiller conjugal, que la crise est désormais ouverte entre Royal et Hollande. « Ségolène tient une grenade dégoupillée à la main, assure-t-il . Elle lui a dit : “ Si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu
ne reverras jamais tes enfants !” » [...]
« Tu ne me parles pas comme ça ! »
Depuis qu'il a choisi d'aider Ségolène, Julien Dray s'exaspère de l'influence que conserve encore son compagnon. Il veut entretenir avec elle un rapport d'exclusivité, comme celui qu'il avait lui-même établi, autrefois, avec Hollande. Il a choisi Ségolène contre François, il aimerait que Royal consacre son choix en prenant à son tour ses distances politiques avec le premier secrétaire. « Elle n'ira pas dans le Pas-de-Calais ! Elle est crevée et on n'en a rien à foutre du Pas-de-Calais », lance donc « Juju ». « C'est important pour le parti », réplique Hollande, agacé. Dray, soudain désinvolte à l'égard de son ancien patron, rétorque en criant : « C'est important pour TOI, tu veux dire ! »
Cette fois, il a franchi une limite. Hollande redevient François. « Tu arrêtes maintenant ! Tu ne me parles pas comme ça ! Allez, dégage , dégage ! » C'est tout à coup l'homme qui parle, plus le premier secrétaire. Pour un peu, il en viendrait aux mains, lui qui se contrôle habituellement : « Je ne te supporte plus ! C'est toi qui génères toutes les difficultés ! » Il faut parfois des scènes violentes, des cris, des corps-à-corps, pour que des évidences vous sautent à la figure. Ségolène Royal comprend qu'on lui demande de trancher. Elle met fin au supplice et à l'ambiguïté. « J'irai dans le Pas-de-Calais . » Plus tard, à ceux qui s'interrogent sur cette bruyante dispute, elle explique : « Il faut comprendre ... Ce n'est pas facile pour François . »
Ce n'est pas facile, en effet. Depuis son investiture par le Parti socialiste, elle ne lui a rien épargné. Elle a d'abord choisi pour porte-parole Arnaud Montebourg, un beau parleur capable de séduire les électeurs du non, mais l'un des plus vifs adversaires du premier secrétaire du Parti socialiste. L'entourage de François Hollande s'en est offusqué. En vain. Ils n'avaient pas tort. Le 17 janvier, les directeurs de campagne envoient Montebourg sur le plateau du « Grand Journal », sur Canal +. « Quel est le plus gros défaut de la candidate ? » , lui demande-t-on. Le porte-parole réfléchit : « Ségolène Royal n'a qu'un seul défaut : c'est son compagnon. »
Depuis quelques jours, justement, la campagne de Ségolène Royal connaît des ratés. Au « 2-8-2 », Natalie Rastoin et Sophie Bouchet-Petersen râlent tous les jours contre ce chef de parti qui ne veut pas jouer les figurants et qui, au fond, pense « vieux ». Montebourg n'a fait que répéter tout haut ce que, toute la journée, on murmure autour de lui.
Quelques heures après son « bon mot », alors que le député de Saôneet-Loire l'appelle, un peu ennuyé, la candidate n'a d'abord qu'une réaction : « Tu lui mettras un petit mot pour t'expliquer , ça ira bien comme ça ... » Mais le patron du PS ne l'entend pas ainsi. Et encore moins le directeur de son cabinet, Stéphane Le Foll. Il lui faut une sanction.
« Tu ne dois pas me laisser insulter par ton porte-parole ! », proteste Hollande. Contrariée par la colère de son compagnon, Ségolène Royal décide de « suspendre » Arnaud Montebourg pendant un mois. Comme, au fond, on exclut quelques heures de la classe un élève impertinent.
Au « 2-8-2 », on raille désormais la susceptibilité du compagnon, en plus de son conformisme. « Il ne comprend rien à ce qu'elle est en train de faire », répète Sophie Bouchet-Petersen. « Franchement, il ne lui donne que de mauvaises idées », renchérit Julien Dray. « C'est un conseiller parmi d'autres », veut croire Jean-Louis Bianco. « Il voudrait tout diriger », constate François Rebsamen. Ségolène Royal sait que la rue de Solférino tente désespérément de contrôler ceux qui portent ses couleurs. Gaucherie ? Pudeur ? Elle s'agace d'entendre François s'adresser à elle par médias interposés, comme Lionel Jospin le faisait avec Mitterrand. Comme s'ils n'étaient rien d'autre qu'un premier secrétaire et une candidate lambda... [...]
Comment comprendre, en effet ? Ce couple est un mystère, et, pour Hollande, le sujet est tabou. Ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent. Devant les journalistes, les hiérarques du PS prennent des airs de conspirateurs ou de médecins compatissants : « Bon, et puis il y a... enfin vous savez... » ; « Je ne veux pas parler des problèmes du couple qui se surajoutent au reste et que vous connaissez... » ; « Evidemment, vous vous doutez bien que cela compte beaucoup, mais on ne peut pas en discuter... » ; « Cela s'ajoute à ce que vous savez... » Par son silence, François Hollande alimente lui-même le débat qu'il redoute. Interrogé le 19 novembre 2006 par les lecteurs du « Parisien », il avait laissé entendre que l'après-victoire se ferait probablement sans lui : « Si Ségolène Royal est élue , où allez-vous habiter ? - Chez moi ! » Le 5 avril, sur RTL, il explique que, le 6 mai, si la victoire est au rendez-vous, il fera « la fête » . Et après ? « Je serai député si les électeurs en décident ainsi. Et autrement... je vivrai ma vie. »
Il n'a jamais admis qu'elle s'épanche publiquement sur leur intimité, qu'elle ose le demander en mariage par médias interposés. En mars, Ségolène écrit pourtant dans « Maintenant », son livre d'entretiens avec une journaliste de « Elle », Marie-Françoise Colombani : « Oui, nous sommes toujours ensemble, et oui, nous vivons toujours ensemble. » Mais c'est aussitôt pour accuser « l'entourage » de son compagnon d'avoir « dissuadé » François d'accepter « un mariage en pirogue, à l'autre bout du monde, par crainte du ridicule . Moi, je crois que la crainte du ridicule, il faut s'asseoir dessus quand on a envie de saisir un bonheur inattendu qui passe. Mais bon, je n'ai pas insisté . Nous n'avons pas besoin de cela pour nous aimer. » La mise en scène le ridiculise et le blesse. Pour parade, à France-Inter qui l'interroge, il affirme : « Je n'ai pas lu le livre de Ségolène . » Comment le croire ? [... ]
Seuls ceux qui les connaissent peuvent oser la question. Fin mars, Jacques Delors, statue du Commandeur du couple qu'il a longtemps couvé avant que celui-ci ne le délaisse, déjeune avec la candidate. Au menu, bien sûr, la politique et l'Europe. A l'heure du dessert, l'ancien président de la Commission européenne se risque sur le sujet qui brûle depuis des semaines ses lèvres et celles de ses amis. « Mais que se passe-t-il avec François ? » Ségolène rit sans répondre. « Il regrette toujours de ne pas s'être présenté ? » La candidate jette alors cette réplique cinglante : « Il ne pouvait plus le faire. A force de tergiverser et de truander les autres... » Jacques Delors n'a pas insisté.
Chevènement , le mentor
François Hollande n'en peut plus. Devant le secrétariat national qui est censé diriger son parti - et la campagne -, mercredi 11 avril, le patron du PS gronde : « Ce n'était pas la peine d'envoyer Chevènement à Europe 1, parce que le vote de son parti nous est acquis. Et ce qu'il a dit hier, ce n'était pas la bonne tonalité pour la campagne. Vraiment pas. » Le jeudi, « le Parisien » rapporte dans un écho un des agacements de Hollande : « Il fait fuir les bobos ! » [...] Après la débâcle de 2002, le secrétaire national du PS se croyait enfin débarrassé du fondateur du Ceres. Les 5, 33 % recueillis par le « Che » à l'élection présidentielle de 2002 sonnaient comme une fin de partie. [...]
Mais voilà. Contre l'avis de son compagnon, Ségolène Royal a brisé la fameuse « fatwa » dont le « Che » se disait victime de la part de Solférino. Elle en a fait sa « voix », son « porte-parole ». [...] L'été 2006, il [ Jean-Pierre Chevènement ] comprend que c'est Ségolène Royal qui risque d'être investie. Un jour d'août où il nage au large d'une plage de Belle-Ile, il lâche entre deux brasses, au large d'un rocher, à l'ami qui l'accompagne : « Avec Ségolène , qui est si mal organisée , est-ce que tu ne crois pas que c'est l'endroit où on pourrait le mieux peser ? » Dès son investiture, le rapprochement se mène en secret. [...] Rallier un homme, pour Chevènement, aurait été difficile. Aider cette femme qui aime l'ordre, qui porte son élégance bien droite, encaisse tous les coups sans faillir et - last but not least - a fini par prendre la place de François Hollande lui convient. L'intérêt bien compris de Chevènement rencontre celui de Ségolène Royal. La candidate, ce n'est pas un mystère, se méfie du PS. Elle veut organiser sa campagne avec ses propres troupes. Or voilà longtemps que sa propre équipe, au « 2-8-2 », boulevard Saint-Germain, ne suffit pas à faire face aux demandes. Il lui faut des arguments et des plumes. [...] En janvier 2007, Jean-Pierre Chevènement réunit les experts qui depuis toujours travaillent pour lui. « On attend les propositions de la candidate. Il faut donner du fond à la campagne », leur explique-t-il. Puis, durant la dernière semaine du mois, il réunit dans ses bureaux rue de Bourgogne cinq hauts fonctionnaires qui forment l'ossature et le gros des troupes du MRC. « Vous savez écrire des discours. Il faut aider Ségolène . » [...] Ce staff de hauts fonctionnaires sexagénaires la rassure. Leur dévouement la comble. [...] Rien ne vient contrarier cette nouvelle alliance. Et surtout pas celui dont la détestation unit ses deux anciens ministres. « Jospin n'arrive toujours pas à comprendre comment j'ai pu avoir Chevènement », a-t-elle raconté un jour à un BHL stupéfait. Sollicité au téléphone par la candidate, l'ancien Premier ministre se montre très clair : il ne sera du pack des treize poids lourds de la campagne que si son ancien ami et ministre n'y figure pas. Mis au parfum, le « Che » rapporte immédiatement la nouvelle et ironise sur son blog sur la « fixation malheureuse » de Lionel Jospin et son « incapacité persistante à analyser les causes de son échec . Le fait que seulement 11 % des ouvriers aient voté pour lui le 21 avril 2002 devrait le faire réfléchir davantage . Cette approche moralisante des problèmes politiques permet peut-être de préserver un certain capital narcissique »...
Il s'en fiche. 2007, c'est sa revanche sur 2002. Le comité des « treize » ne s'est pas réuni, alors que lui a gagné un bureau boulevard Saint-Germain ! Promu « conseiller spécial », il s'affiche derrière elle dans les grandes émissions de télévision, et, dans l'ombre, s'impose sans jouer des coudes. Elle finit par le placer toujours à sa droite, l'interroge avec respect. Comme le dimanche 4 mars, à la veille d'une rencontre avec la chancelière allemande, où elle bavarde pendant le topo d'Elisabeth Guigou, mais écoute en silence le président du MRC expliquer qu'il faut « se méfier d'Angela Merkel » et de ces « Allemands qui ne croient qu'aux capitaux privés » pour Airbus.
BHL, le coach
« Dès que j'ai le dos tourné , elle recommence ! » Bernard-Henri Lévy a filé de Francfort au Canada, ce lundi 26 mars. Il a pris connaissance avec un peu de retard des propos que la candidate socialiste a tenus durant le weekend à Marseille, où, après avoir fait entonner « la Marseillaise » aux militants rassemblés sous le Dôme, elle a jugé que « tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore » . [...] « Je lui avais dit : libérez-vous , soyez vous-même . C'est réussi ! », peste le philosophe. Il ne sait pas - mais qui le sait ? - que quelques mois auparavant, pour son congrès extraordinaire d'investiture le 26 novembre, Ségolène a déjà réclamé la présence de drapeaux tricolores. Le Marseillais Patrick Mennucci en avait fait rentrer des centaines, pour que la Mutualité tout entière fête la victoire dans la liesse. Mais Olivier Faure, le directeur adjoint de cabinet de François Hollande, en a eu vent. Et, grâce au premier secrétaire, les drapeaux n'ont jamais été déballés de leur caisse et ne sont jamais sortis du camion.
BHL décroche son téléphone. « C'est peut-être tactiquement utile, je ne suis pas juge de ces considérations , dit-il à Ségolène Royal. Mais ça me déplaît profondément . C'est dans l'air mauvais du temps », râle le pourfendeur de « l'Idéologie française ». [...] Il est fâché, mais pas brouillé. Il la voit élue, il a gagné sa confiance, il ne veut pas perdre son nouveau rôle d'influence. Car BHL est devenu en quelques semaines l'un des confidents de Ségolène Royal. Qui sait que, depuis janvier, le philosophe et la candidate se téléphonent plusieurs fois par jour ? Avant chaque émission de télévision, elle le consulte. Après chaque meeting, elle l'appelle. En cas d'urgence et de grosses turbulences dans le ciel de la campagne, il la reçoit à l'improviste chez lui, boulevard Saint-Germain, sur le même trottoir et à quelques numéros de son siège de campagne. [...]
En quelques mois, l'intellectuel a gagné son amitié. Il lui lit de la poésie - elle n'a pas l'habitude -, lui envoie la réalisatrice Josée Dayan pour un coup de main sur ses spots de campagne officielle. « Seule une femme, explique-t-il , sait filmer les femmes. » Il devine les fatigues d'une campagne, les lassitudes, les angoisses, et la complimente gentiment. N'a-t-il pas vanté dans une chronique son « étonnante fraîcheur », son « long et joli cou » ? Un jour, il se permet de lui recommander un chignon, qu'elle porte le lendemain dans le studio d'Europe 1. A quelques proches, Bernard-Henri confie parfois : « Elle est très seule. Y compris sentimentalement. »
L'hiver 2006 encore, ils ne se connaissaient pas. Bernard-Henri Lévy représente tout ce que la candidate déteste a priori. Riche bourgeois parisien, ami des puissants, homme de réseaux et de Saint-Germain-des-Prés... Un grand savoir et une culture aux antipodes de la sienne. Ségolène Royal n'est pas une intellectuelle. Elle va de temps en temps au théâtre - François Hollande, lui, s'y ennuie -, joue du piano, a gardé une éducation traditionnelle de jeune fille bien élevée. Mais sa culture, c'est celle de l'ENA, un savoir volontiers achronique et sans histoire. C'est aussi la télévision, dont, comme Nicolas Sarkozy, elle est la fille. « Je ne lis jamais de romans », a confié un jour le premier secrétaire du PS à « Paris Match ». Ségolène Royal non plus, mais, à la différence de son compagnon, elle n'aborde que très peu d'essais et jamais de philosophie. [...]
L'intéressé n'est pas non plus emballé par cette étrange candidate. [...] Le 28 janvier, dans « le Parisien », le philosophe s'emporte : « De ma vie, je n'ai jamais vu campagne aussi médiocre [...] . Avec la meilleure volonté , il est difficile de ne pas se poser des questions. Que veut-elle ? Quel est son projet ? Quelle vision du monde a-t-elle pour traiter avec tant de désinvolture la question de la souveraineté nationale sur la Corse ou pour louer en Chine la “ rapidité”de la justice ? » [...] On ne parle alors que du « trou d'air » que traverse la candidate, des bourdes qu'elle enchaîne. Et, pour la première fois, Ségolène Royal doute en privé de sa victoire. Le Paris germanopratin est parti aux sports d'hiver, et c'est le moment que saisit BHL pour l'écouter et lui témoigner son soutien. [...] En ce début février, à l'époque où la candidate socialiste est au plus bas dans les sondages, elle dîne donc avec BHL. [...]
Elle est sans fard, ne minaude pas. A minuit passé, comme tant d'autres, il est séduit. On le devine dans le récit qu'il en dresse dans « le Point », le 8 février, mais aussi dans la presse américaine, où il raconte par le menu son « dinner with Ségo ». François Hollande est outré du procédé, et, évidemment, de la mise en scène galante de cette rencontre. Elle pardonne. On la comprend. Sur l'Europe, sur l'Iran, le philosophe la trouve « bien plus pertinente, franchement, qu'on ne l'a écrit ». Et de conclure : « Je la quitte, toujours perplexe, mais avec le sentiment qu'on a peut-être été injuste - moi le premier - avec cette femme ; et qu'elle ne ressemble guère , en tout cas, à l'image qu'elle s'est donnée . »
© Albin Michel
Le Nouvel Observateur
Alors, dérive people et mercantile de deux journalistes du très sérieux Monde, ou vrai bouquin d'information ?
Je penche pour la première assertion. Pourquoi ? Parce que si un homme avait écrit ça, il verrai en ce moment le ciel lui tomber sur la tête, à raison ! Sous prétexte de conséquences politiques, Bacquet et Chemin se sont visiblement prêtées à un jeu pas très sain. Celui du grand débalage sans égard pour qui que ce soit, ni même les enfants du couple. Oui, ces enfants là ont aussi le droit d'être protégés.
L'exploitation médiatique, à charge, des faiblesses des personnalités est à mon sens bien peu ragoûtante. Nous allons vraiment finir par faire aussi bien que les tabloïd anglais. Merci mesdames de montrer le chemin !
18:15 Publié dans Réagir | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
15.05.2007
Montebourg VS Danjean
Deux Arnaud ! qui l'eu cru ?!
La 6ième circonscription de Saône-et-Loire va voir deux Arnaud en duel pour cette campagne législative.
Belle gueule, bon oeil, ce Monsieur Danjean. 35 ans, diplomé de Sciences Po, ancien collaborateur de Michel Barnier et de Douste Blazy - tiens ! un point commun avec Mme Montebourg. Voilà qui devrait donner du fil à retordre à notre "Montebourg national".
Après avoir terrassé René Beaumont en 97, balayé maître Szpiner en 2002, le mousquetaire de la Bresse sera confronté cette année à un jeune du terroir, déterminé, et dont le père, m'a-t-on dit, fut socialiste (info non vérifiée).
A suivre de près !
Et pour celles et ceux que ça intéresse, je rapelle le titre de mon livre : Arnaud Montebourg, le mousquetaire de la Bresse, paru aux éditions de Bourgogne. Sommaire disponible sur www.montebourglemousquetaire.tk (site en chantier).
14:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.05.2007
José Ortega y Gasset
En ces temps de bouleversments politiques, qui veront sans doute des hommes de gauches au gouvernement composé par notre nouveau président de la République, voici de quoi réfléchir sur le dépassement d'un clivage - avouons-le - un peu désuet :
"Être de gauche ou être de droite, c'est choisir une des innombrables manières qui s'offrent à l'homme d'être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d'hémiplégie morale. De plus, la persistance de ces qualificatifs ne contribue pas peu à falsifier encore davantage la réalité du présent, déjà fausse par elle-même ; car nous avons bouclé la boucle des expériences politiques auxquelles ils correspondent, comme le démontre le fait qu'aujourd'hui les droites promettent des révolutions et les gauches des tyrannies..." José Ortega y Gasset dans La Révolte des masses - 1930.
Ortega y Gasset était philosophe, sociologue, essayiste, homme de presse et homme politique espagnol.
14:01 Publié dans la citation de la semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2007
Une sage décision
Une sage décision que celle de Mme Royal de ne pas remettre son mandat législatif en jeu. Preuve, s'il en fallait, qu'elle est une femme de conviction.
Son ex-porte-parole, Arnaud Montebourg, commente cette décision : "Ou vous êtes député, ou vous êtes dans la gestion communale : c'est aussi un beau mandat, mais c'est un autre métier ! On a besoin de députés à plein temps qui contrôlent le gouvernement et les administrations, qui évaluent l'impact de la loi, mesurent leurs décisions, contrôlent l'exécution des lois, mesurent leur application sur le terrain, contrôlent la diplomatie, la défense et les finances publiques ! Car nous avons besoin dans le pays de contrôler l'usage des fonds publics de manière à faire adhérer les Français à la nécessité de l'impôt. Aujourd'hui, tout le monde pense qu'on gaspille l'argent public - ce qui est parfois vrai - mais encore faudrait-il que nous ayons des instruments démocratiques pour y remédier, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Je suis moi-même député à plein temps en mandat unique, et j'y mets un point d'honneur."
10:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note













