05.06.2007
"Presse qui roule..." 2
"Le président Sarkozy quitte Brégançon pour un footing."
Et alors ?...
Et alors il s'agit là d'une dépêche AFP !? Si si, une dépêche AFP. ça ne choque personne ? ça devrait ! Une dépêche AFP de ce genre est une première historique. Elle est tombée il y a quelques jours et en dit long sur l'ère médiatique qui s'annonce - qui a déjà bien commencé devrais-je dire. L'ère du vide, l'ère du vent, l'ère du frique... l'aire de rien, on y va. Et tout schuss ! Triste décadence. Quel politique osera mettre un jour son nez dans la vie des médias ? Non pas pour rétablir la censure, non pas pour les contrôler à son avantage, mais pour leur rappeler leurs devoirs. A celui-là, ou celle-là, je dirai RESPECT !
"Informer c'est éclairer sans chercher à faire plaisir." Albert Camus
Le 9 octobre 1945, la Fédération nationale de la presse française, organisation patronale, adopte une « charte de la presse » dans laquelle on peut lire : « La presse n'est pas un instrument de profit commercial, mais un instrument de culture ; sa mission est de donner des informations exactes, de défendre des idées, de servir la cause du progrès humain [art. 1er] [...] La presse est libre quand elle ne dépend ni de la puissance gouvernementale, ni des puissances d'argent, mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs [art. 3]. »
Les auteurs de ce texte étaient Albert Bayet et Claude Bellanger, deux représentants de la presse clandestine. On mesure facilement le fossé creusé entre la volonté de ces messieurs et notre misérable dépêche AFP.
22:00 Publié dans Réagir | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











Commentaires
Réponse à Delphine Peras
Chère Madame Peras,
Je vous remercie pour votre réaction. Pardon de vous avoir indigné.
Ma courte expérience me fait constater, hélas, le mépris de la presse parisienne pour les journalistes de province. Malheureusement, vous n'en avez pas tout-à-fait conscience. Ce modeste billet aura peut-être aidé à cela.
Problème d'égo ? Vous avez sans doute raison. Néanmoins, un vieux routier du journalisme qui a travaillé à L'Express m'a confirmé ce sentiment.
C'est dur, quand on vient de passer un an de sa vie sur la biographie d'un type comme lui, de prendre contact avec des journalistes qui ne rappellent pas alors qu'ils (ou elles) se sont engagé(e)s à le faire ou qu'on laisse des messages qui restent sans suite. Oui, ça fait mal, à l'égo comme au coeur.
Par ailleurs, je ne suis pas chargé d'envoyer mon livre à la presse et je précise à tous mes interlocuteurs/trices qu'une chargée de com s'en occupe au sein de la maison d'édition, Dame dont je donne le portable systématiquement quand un service presse me demande le bouquin.
Ce que vous m'aviez dit au téléphone la 1ière fois : "j'en parle au service politique et je vous rappelle." Vous aviez d'ailleurs pris mon numéro de portable. J'ai attendu, attendu, attendu et vous ai finalement rappelé. Désolé mais la mauvaise fois n'est pas de mon côté. C'est une réaction facile (et normale) que de m'en accusé. A mon tour de vous dire que vous avez la mémoire courte.
Sur le livre, bien sûr qu'il apporte des éléments nouvaux, par le simple fait que c'est le travail d'un journaliste local qui a écrit du local. Est-il controversé ? Voilà une question qui confirme ce dont j'accuse la presse dans le billet. Quel intérêt qu'il soit entouré d'une controverse ou pas ? C'est un bouquin d'information sur un homme politique qui compte et va compter encore dans le paysage politique français. Là est l'essentiel.
Si ça peut vous aider, le livre a été boycotté par le Journal de Saône-et-Loire (Edition Mâcon surtout).
Sur le "raccourci", ne vous en déplaise, il est partagé par pas mal de monde. Nous sommes dans une société du spectacle qui encourage cela. Enfin, pour ce qui concerne FOG, il a simplement fait son boulot en donnant l'information, sachant qu'il l'a donné le jour où son invité était justement Montebourg. Pour le reste, j'ignore tout de sa façon de travailler.
Chère Madame Peras, le débat reste ouvert sur la presse française. Même si je vous ai mis en cause dans mon blog (encore une fois, pardon de vous avoir offensé), j'espère que nous pourrons dépasser ce triste malentendu et continuer à dialoguer.
Vous êtes, malgré vous, victime d'un système qui dérive vers la marchandisation de tout. Nous le sommes tous plus ou moins. A chacun(e) de résister dans la mesure de ses possibilités.
Bien à vous
Rodolphe Bretin
Écrit par : Rodolphe | 17.06.2007
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