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27.10.2007

Interview Yves Cochet

Yves Cochet : « L’effet Hulot, je n’y ai jamais cru »

En 1984, Yves cochet fait partie des fondateurs des Verts, dont il membre du CNIR (Conseil national inter-régional), l’instance nationale et décisionnelle du Parti. Porte-medium_images.5.jpgparole de 84 à 86, il le redevient de décembre 92 à juin 97. Portant les couleurs de l’écologie politique, il est élu député du Val-d’Oise en 97 après avoir été conseiller municipal de Rennes dès 89 et ministre du gouvernement Jospin. Le scrutin législatif de 2007 l’a reconduit dans son mandat.

 

 

Quel bilan tirez-vous de la campagne présidentielle, du point de vue du Parti ?

Nous n’avons pas été bon, bien sûr. Le contraire se serait vu dans les urnes. Pour la primaire, nous avions cinq candidats qui correspondaient, en gros, à cinq courants différents. Les Alter écolos emmenés par Francine Bavet ont fait campagne pour José Bové. Nous n’étions donc pas tous rassemblés derrière notre candidate. D’autres courants, dont celui auquel j’appartiens, ont tenté de réorienter sa campagne dans un sens plus écologique sans vraiment y parvenir. Nous avons soutenu Dominique Voynet malgré cela. Sa faiblesse a été de ne pas oser faire une campagne suffisamment verte, si je puis dire. C’est le résultat de la crainte de voir à nouveau J.-M. Lepen au second tour et le vote utile qui en a été la conséquence. Quant à l’effet Hulot, je n’y ai jamais cru. Tous les sondages ont montré qu’avec ou sans lui, à quelque moment que ce soit, Dominique Voynet ne passait pas la barre des 2 %. 

Vous appelez à une dissolution des Verts. Est-ce à dire que le processus de réforme interne engagé ne vous convient pas ?

Tout à fait. Là n’est pas l’essentiel. Je milite pour une dissolution des Verts et une refondation totale et profonde de l’écologie politique qui, j’en suis convaincu, doit avoir une place dans la vie politique française. Hélas, nous sommes mal organisés. La réforme des statuts n’est pas une priorité, ça ne changera pas grand-chose. Je suis dans ce Parti depuis assez longtemps pour m’en rendre compte. Il y a eu, depuis sa création, pas moins de 17 tentatives de ce genre qui n’ont jamais abouti à une réelle transformation. C’est illusoire de penser que de nouveaux statuts vont révolutionner la situation des Verts. C’est la pensée écologique qu’il faut revoir.

Justement, comment voyez-vous les choses ?

Nous devons travailler sur les concepts, l’idéologie du Parti. Pour vous donner un exemple, on entend aujourd’hui des termes comme développement durable, commerce équitable, solidarité, protocole de Kyoto, justice sociale… Tout cela part d’une bonne intention mais ne défini pas le changement fondamental dont le France et la planète ont besoin. L’écologie politique doit faire émerger et promouvoir des concepts comme la décroissance, la relocalisation, la déplétion des ressources minérales, la loi du minimum, l’anti-utilitarisme, l’idée d’une France fédérale dans une Europe fédérale. Certains sont connus, d’autres beaucoup moins. Il faut les faire accepter.

Le Grenelle de l’environnement approche. Quelle part les Verts vont prendre à cette grande réflexion ?

En tant que Parti, les Verts ne peuvent pas y participer. En revanche, nous avons des propositions à faire et nous les présenterons. Elles sont au nombre de 12. Elles concernent la réduction des vitesses maximales sur route, l’isolation des bâtiments anciens, les énergies renouvelables, l’arrêt du nucléaire et du programme autoroutier, le moratoire sur les OGM etc. Nous ne nous faisons pas d’illusion, nous ne serons que très partiellement entendus. Il faut voir le monde avec des yeux nouveaux et je ne pense pas que le gouvernement soit ouvert à un tel engagement. 

 

Interview parue dans IDEO mag' de novembre 

20.10.2007

Sarko à Mâcon : ce que la télé ne vous a pas dit

Alors que france 2 n'était intéressé que par l'affaire EADS, les ouvriers de METSO rappelaient, eux, que les heures supes sont imposées depuis plus de trois ans dans leur boite.
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Le président Sarkozy en visite éclaire à Mâcon

Le président de la République était à Mâcon le 8 octobre. D’abord reçu à l’ANPE pour faire le point sur la fusion des services de l’emploi, il rappela ensuite aux salariés de Metso minérals sa détermination en matière d’heures supplémentaires, le désormais célèbre « travailler plus pour gagner plus ».

ça ressemblait à une visite de campagne mais ça n’en était pas une : « Je viens voir les gens, je viens expliquer les réformes », précisa le chef de l’Etat aux salariés de l’usine Metso, leader mondial dans le secteur du concassage. Ironisant sur les laboratoires de nanotechnologie, il donna les raisons de sa visite : « D’abord je veux qu’on garde des usines en France et je suis venu vous le dire. Ensuite, vous le savez, une nouvelle loi sur les heures supplémentaires est entrée en vigueur au 1er octobre. Vous ne paierez plus d’impôts sur ces heures là. » Son but avoué : libérer le travail car « la France vit en dessous de ses capacités ». Insistant sur « la minorité qui fraude », celle d’en bas (les chômeurs qui ne cherchent pas de travail) et celle d’en haut (les actionnaires), il se prononça sur le dossier EADS : « J’irai au bout de l’enquête pour connaître les responsabilités de l’Etat. » Puis de confirmer qu’il n’envisage pas de plan de rigueur.

Des syndicalistes pas convaincus

« Jusqu’à 40 heures, ça va, confie un salarié. Au delà, on n’a plus le temps de rien. Je veux avoir le temps de m’occuper de mes enfants et de profiter un peu de la vie. » Côté syndical, on résiste comme on peu : « Le dialogue avec le président a été bref, quelques secondes seulement, le temps de lui remettre une lettre contenant l’explication de la situation à Metso et notre point de vue sur la loi. » Que dit cette lettre ? « (…) Chez Metso, nous en avons l’expérience, depuis 2004 la quasi-totalité des heures supplémentaires ne sont plus volontaires mais imposées. Cette mesure a été prise en raison d’un manque de candidats aux heures supplémentaires face à l’augmentation importante de notre carnet de commandes, ce qui permet, entre autres, à l’entreprise d’embaucher le moins possible (6 % d’embauche pour un chiffre d’affaire en augmentation de 20 à 25 %). (…) Pour une entreprise de 50 salariés, faire faire 3 heures supplémentaires par semaine par salariés revient à supprimer 4 possibilités d’embauche. (…) » Et de préciser que 70 personnes sont des intérimaires dont certains occupent des postes permanents (l’entreprise compte environ 460 salariés).

A l’ANPE

Quelques minutes avant, le président était à la Maison de l’emploi où une table ronde avec des demandeurs d’emploi, un PDG, un créateur d’entreprise, des agents ANPE/ASSEDIC et des élus l’attendait. Au programme, le fameux guichet unique et la fusion des services de l’emploi. Après les témoignages et les souhaits exprimés par les intervenants, Nicolas Sarkozy expliqua  les réformes qu’il souhaite voir mises en place dans les meilleurs délais après discussion avec les partenaires sociaux. « Chaque chômeur doit avoir un interlocuteur unique pour l’ensemble de ses démarches. Le premier entretien doit permettre une inscription, l’élaboration du projet personnel de retour à l’emploi et le déclenchement de l’indemnisation. En terme de fonctionnement, je propose la création d’un conseil d’orientation qui chapotera l’ANPE et l’UNEDIC. Celle-ci pourra toujours être paritaire. A ses côtés, nous aurons donc un organisme fusionné comprenant l’actuelle ANPE et l’Assedic, avec ses déclinaisons régionales. Les partenaires sociaux doivent être associés aux politiques de l’emploi, ils ne sont pas là uniquement pour demander des droits. Je suis favorable au fait qu’ils soient majoritaires au sein du conseil d’administration de cet organisme fusionné. Pourquoi ne pourraient-ils pas également avoir le pouvoir de nommer son président ? Vous le voyez, je suis ouvert à tous. Il suffit d’en discuter. Le but est de trouver le meilleur équilibre qui soit. » Quant à la pénibilité du travail, « il faut définir ce qu’on entend par là. Les partenaires seront associés à cette définition. »

Concernant les agents, le président évoqua la création d’un nouveau statut pour les nouveaux agents. Les autres pourront choisir entre le nouveau et le leur. « Leur dévouement n’est pas en cause, ils ont été les seuls au front pendant des années. On va leur donner les moyens d’être efficaces et on facilitera leur mobilité. Un projet de loi sera soumis au Parlement dès la fin de l’année car nous n’avons pas le temps d’attendre. »

 

La situation
Même si l’ANPE de Mâcon est, selon le président, « un exemple à suivre », le guichet unique n’est pas encore complètement réalisé puisque deux personnes distinctes accueillent les demandeurs d’emploi, l’une pour l’ANPE, l’autre pour l’Assédic. En revanche, les délais de prise en charge sont considérablement réduits. Selon le service communication, il faut en effet moins d’une demi journée pour effectuer les démarches.

17.10.2007

Des nouvelles du mousquetaire

Montebourg ne sera pas candidat au poste de premier secrétaire du PS.

NOUVELOBS.COM | 15.10.2007 | 10:01

"Je ne suis pas candidat, pour une raison simple, c'est qu'on a déjà trop de candidats et il en faut plutôt moins que plus", a déclaré le député de Saône-et-Loire.

Arnaud Montebourg (Reuters)

Arnaud Montebourg (Reuters)

 

Arnaud Montebourg a déclaré dimanche 14 septembre qu'il ne serait pas candidat au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.
Le député socialiste de Saône-et-Loire a expliqué sur Canal+: "Je ne suis pas candidat, pour une raison simple, c'est qu'on a déjà trop de candidats et il en faut plutôt moins que plus".
Le Congrès du Parti socialiste, au cours duquel l'actuel Premier secrétaire François Hollande doit céder sa place, devrait se tenir en octobre 2008. (AP)
L'AFP : M. de Villepin a reçu dimanche le renfort inattendu du député PS Arnaud Montebourg qui, sur Canal+, a dénoncé "une sorte de rideau de protection" autour d'Arnaud Lagardère, "une personnalité qui a beaucoup d'influence dans la République à cause de ses connivences entre des intérêts publics et privés".

Commentaire du biographe

Pas candidat au poste de premier secrétaire : sage décision. Il avait accepté le poste de premier fédéral en 2003 contre le principe du cumul des mandats, pressé par les militants. Deux ans après, il laissait la place à Jérôme Durain. Les mauvaises langues interpréteront sans doute avec sarcasme. Pour ce qui me concerne, je confirme : sage décision qui correspond au bonhomme et à ses convictions. 

06.10.2007

La rosée en bouteille

Ils mettent la rosée en bouteille

Utiliser la rosée pour produire l’eau qui manque à certaines contrées : il fallait y penser. Un physicien s’est penché sur la question et… eurêka ! Il suffisait de mettre au point un système qui la condense. Surprenant !

                                                                

Vous prendrez bien un verre de rosée ! Faute de frappe ? Non, c’est du sérieux. Boire la rosée est devenue une réalité grâce à Daniel Beysens, physicien au centre de l’énergie atomique. Ce monsieur a mis au point ce qu’il appelle un condenseur de rosée destiné à recueillir ces gouttelettes tombées du ciel qui embellissent nos pelouses les matins d’été. L’instrument se présente sous la forme d’un panneau incliné blanc (ou d’un cône creux) recouvert de plastique et de microbilles de méthane. A quoi servent-elles ? « A augmenter le refroidissement naturel de la surface qu’elles revêtent et favoriser ainsi la formation de la rosée », explique le physicien. L’humidité contenue dans l’atmosphère se transforme en goutte d’eau au contact du condenseur et glissent jusque dans une gouttière aboutissant au point de récolte.

Une aubaine pour les pays arides

La nature produit la rosée par le phénomène nocturne de la condensation – une nuit claire et peu de vent sont nécessaires au refroidissement des supports – et le chercheur essaie d’en tirer le meilleur parti. C’est ainsi que la rosée en bouteille n’est plus une chimère mais une réalité... buvable. Une aubaine pour les populations des terres arides ! On saisi tout l’intérêt de cette invention quand Iryna Mylymuk, co-fondatrice d’une association nommée OPUR (Organisation pour l’utilisation de la rosée), rappelle le taux d’humidité de l’air dans certaines zones du Sahara, en Mauritanie par exemple : 90 %.

« Un mètre carré de condenseur peut collecter 0,6 litre d’eau potable par nuit. Cela signifie qu’un toit de 100 m2 pourrait produire 60 litres d’eau par nuit. » Avec cette association, M. Beysens est parti fabriquer des condenseurs géants en Croatie, en Polynésie et en Inde après avoir constaté des résultats positifs en Corse.

1000 litres d'eau par nuit 

Une véritable usine de rosée est en passe d’aboutir en Inde, dans un secteur aride et côtier du Gujarat. En lieu et place d’une ancienne mine à ciel ouvert, une équipe travaille à remodeler et à tapisser les 12 000 m2 de tranchées parallèles du film de polyéthylène (variété de plastique). L’objectif est de récolter 1 000 litres d’eau par nuit. De quoi répondre, en partie, aux besoins de la communauté villageoise. Le condenseur peut également s’installer sur les toits. Ainsi, celui de 300 m2 d’une école a permis à ses élèves de récupérer jusqu’à 50 litres d’eau en une nuit.

En Corse, c’est un condenseur conique que l’OPUR met au point. Avec une surface de 7,32 m2 incliné à 30°, le rendement est en moyenne de 1108 ml par nuit. Cette forme conique limite le réchauffement causé par le vent. Moins exposé, son refroidissement, nécessaire à l’apparition de la rosée, est donc plus important. Pour les curieux, il est visible à l’exposition « Dans ces eaux là », dans le parc du château d’Avignon.

Dans la région de Lille, un projet de HLM écologique avec condenseur est à l’étude.

La science au service du développement durable n’a pas fini de nous épater.

Sacrés Anglais !

Ils avaient déjà percé le secret de la rosée au Moyen âge. Ils construisaient des étangs artificiels en creusant des bassins de quelques dizaines de mètres de coté en forme de coupe. Ils couvraient le fond de cette coupe d'une couche de paille sèche et d'une couche d'argile puis tassaient et couvraient de pierres. L'étang était alors prêt à fonctionner et commençait à se remplir d'eau sans qu'il n'y ait eu de précipitations atmosphériques.

 

Un condenseur sur toit
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